Bien-etre social
Les enjeux

Selon l'Article 1er de la déclaration universelle des droits de l'homme adoptée par l'ONU en 1948 et s'inspirant de celle proclamée en France au 18ème siècle, "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.." En préambule de cette déclaration, l'ONU pose comme axiome de départ que "la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde."

Cette liberté, cette justice, cette paix sont aujourd'hui, comme hier, menacées : dès la naissance, l'être humain se trouve du "bon" ou de "mauvais" côté, selon ses caractéristiques géographiques et sociales ou selon son sexe. Le PNUD calcule ainsi pour chaque pays son IDH : Indice de Développement Humain. Il intègre trois critères fortement corrélés : le taux d'alphabétisation, le PIB par habitant et l'espérance de vie à la naissance.

Tout commence par l'accès à l'éducation. Savez-vous que :
- Sur plus de 800 millions d'enfants âgés de moins de six ans, moins d'un tiers bénéficient d'une forme quelconque d'éducation préscolaire (UNESCO, 2000);
- Quelque 113 millions d'enfants, dont 60 % de filles, n'ont pas accès à l'enseignement primaire (UNESCO, 2000) ; - 774 millions d'adultes, dont 64% de femmes, sont analphabètes (UNESCO, 2007).
- Le budget consacré à l'Education en France est supérieur à celui consacré à l'éducation dans l'ensemble de la région sub-saharienne du continent africain (UNESCO, 2007)
- Si en France, le taux d'alphabétisation frôle les 100%, au Niger, seuls 29% des adultes savent lire et écrire (44% des hommes, 15% des femmes…). (CIA, 2005)

Certains de ces enfants qui n'ont pas le droit à l'éducation sont exploités comme main d'œuvre à bas prix, ce qui compromet leur accès futur à l'éducation, même s'il y a volonté politique.
En 2001 le Bureau International du Travail recensait 246 millions de petits travailleurs dans le monde. Âgés de 5 à 17 ans plus de la moitié d'entre eux travaille à plein temps ! La majorité des enfants travaillent dans l'agriculture. L'artisanat et l'industrie sont aussi des secteurs clés : manipulation des fours où coule du verre fondu en Inde, fabrication de tapis au Népal et au Pakistan..... Plus préoccupant encore, un sur huit - soit 179 millions d'enfants - est encore assujetti aux pires formes de travail, celles qui mettent en danger sa santé physique ou mentale ou sa moralité.
Parce qu'il constitue une main d'œuvre docile, l'enfant est de plus en plus exploité : des champs à la mine rien ne lui est épargné. Recherché pour sa souplesse et son petit gabarit, ou simplement pour son joli minois, il piochera dans les mines de charbon en Colombie, s'intoxiquera les poumons dans les tanneries du Pakistan, ou passera des heures dans la chaleur des sunlights d'une quelconque agence de pub. Certaines multinationales n'hésitent pas à recourir à cette main d'œuvre bon marché (système Nike). Les enfants ont été contraints de travailler pour survivre, et des employeurs sans scrupules ou poussés eux aussi par le besoin, se sont précipités sur cette main d'œuvre.

L'éducation est un facteur clé de l'accession à la justice sociale. Il existe une forte corrélation entre la faiblesse des taux de scolarisation et la progression de la pauvreté. L'éducation est la voie la plus naturelle pour mener une existence moins précaire, plus saine, plus productive et plus gratifiante grâce à l'accès à un emploi reconnu socialement et assurant une rémunération juste. C'est ce que l'on appelle la justice sociale, considérée par de nombreux sociologues, historiens et économistes comme une condition indispensable à "une paix universelle et durable" (OIT).

Or cette justice sociale est bafouée dans de nombreux pays, y compris le nôtre.
- 1.2 milliard d'êtres humains (20% de la population mondiale) vivent avec moins de 1€ par jour. Ce pourcentage passe de 3% en Europe à 46% en Afrique Sub-saharienne ! (PNUD)
- La moitié des emplois dans le monde sont dit vulnérables, c’est-à-dire des contrats précaires et sans protection sociale. La vulnérabilité concerne plus de 77 % des emplois d’Asie du Sud (Inde, Pakistan) et 73 % en Afrique subsaharienne contre 9 % dans les pays riches. (Observatoire des Inégalités)
- En France, seulement 37% des handicapés ont un emploi contre 73% pour l’ensemble de 20-59 ans. (Observatoire des Inégalités)
- En France, 6 millions de personnes vivent grâce aux minima sociaux. (Observatoire des Inégalités)

Dernier point, les liens entre pauvreté et santé, dans le monde, sont clairs. L'internationalisation des problèmes de santé est devenue un fait tandis que la résistance des maladies augmente. Les thérapeutiques sont au Nord et les malades au Sud. Les maladies au Sud, en particulier le sida, influent sur la démographie et vont jusqu'à grever les possibilités de développement de certains pays. Le prix élevé des médicaments freine leur utilisation dans les pays en développement.
Au Niger, l'espérance de vie à la naissance est de 44 ans, quand il est de plus de 80 ans en France.

Les leviers

Comment agir pour atteindre les objectifs de l'Article 1er de la déclaration des droits de l'homme ?

Le levier le plus important est bien sûr la volonté politique. Un gouvernement dont un budget prioritaire est l'Education, qui décrète des lois sur la condition féminine et les droits de l'enfant, qui contrôle que ces lois sont appliquées, qui assure l'accès aux soins à tous ses citoyens et qui suit les recommandations de l'OIT aura bien sûr une efficacité sur la justice sociale et l'Indice de Développement de son pays beaucoup plus grande que celles que nous pouvons avoir à notre échelle.

Cette volonté politique n'étant pas unanimement partagée, il nous faut organiser la résistance. Et cette résistance a un maître-mot : SOLIDARITE. Elle s'articule autour de deux axes :
- Diminuer les inégalités sociales locales.
- Equilibrer les rapports Nord-Sud.

Des organisations parallèles se sont développées ces dernières années, afin de nous proposer de participer au mouvement de solidarité mondiale. Elles peuvent répondre à des situations d'urgence et/ou travailler dans la durée pour contribuer à la justice sociale.

Les ONG et associations caritatives :
Elles luttent pour la justice sociale, et agissent au quotidien et dans l'urgence pour les plus démunis. Elles sont souvent acteurs de l'économie solidaire (Emmaüs, Recyclaid… ) ou agissent à court ou long terme dans les pays les moins développés (UNESCO, Médecins du Monde…) Elles sont financées par des subventions et par nos dons.

Le Commerce Equitable :
"Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel." (Définition du FLO, IFAT, NEWS, EFTA)
Il représente seulement 0,01% des échanges dans le monde mais bénéficie déjà à plus de 1,5 million de producteurs et d'artisans, qui font vivre plus de 5 millions de personnes, dans plus de 50 pays à travers le monde.
Ces 1.5 millions de producteurs peuvent être grossièrement classés en artisans professionnels et qualifiés, paysans organisés (par exemple producteurs de cacao en Bolivie ou ouvriers dans des plantations de thé en Inde) et enfin artisans très pauvres, marginalisés socialement, souvent socialisés grâce à l'appui des ONG (par exemple, au Népal, 800 artisans travaillent pour l'ONG ACP).
Selon Artisans du Monde, près de 80% des producteurs partenaires du commerce équitable seraient des femmes. Ces dernières, bien qu’exerçant une activité artisanale, se distinguent pourtant des artisans professionnels. Les chiliennes de la Fondation Solidarité ne savaient pas fabriquer d’arpilleras en 1973, les artisanes de Ramahaleo à Madagascar ne savaient pas couper ni confectionner. Pour certaines d’entre elles, majoritairement les femmes seules avec enfants, le commerce équitable est leur seul revenu possible en dehors de la mendicité.

En France, l'économie solidaire :
C’est un mouvement qui regroupe des milliers d’initiatives locales pour produire, consommer, employer, épargner et décider autrement. Les entreprises solidaires se battent sur le marché comme les autres et doivent donc être performantes. Mais en plus, elles emploient des personnes exclues ou qui risquent de l’être ; elles fournissent des services individuels à des personnes aux revenus modestes, elles assurent des services collectifs pour mieux vivre ensemble, elles mettent en oeuvre des formes de gouvernance démocratique. Produisant à la fois de la valeur ajoutée marchande et de la valeur sociale elles sont soutenues par des ressources mixtes, conjuguant le paiement par les clients, les aides nationales et locales et des engagements personnels bénévoles.
Certaines activités de l’économie solidaire sont bien connues : entreprises adaptées aux personnes handicapées, logement des exclus, éducation populaire, aide aux personnes, accès aux loisirs pour les plus démunis, recyclage, protection de l’environnement. Mais depuis trois décennies, face à la montée des exclusions, des domaines nouveaux ont été explorés. L’insertion par l’activité économique, qui remet au travail des chômeurs de longue durée, emploie désormais entre 250 000 et 300 000 personnes, par exemple.
L’économie solidaire est présente partout où l’on promeut la recherche du bien commun, l’emploi des plus défavorisés. C’est une économie de proximité en pleine expansion, dont les emplois ne peuvent être délocalisés. Elle est fille de deux longues traditions, celle du mouvement ouvrier et celle de l’économie sociale (mutuelles, coopératives, associations) avec lesquelles elle partage une commune aspiration à une société d’hommes libres et égaux en droits. Elles se conjuguent et se soutiennent mutuellement. Ainsi, les banques, les assurances mutualistes, les caisses de retraite, etc. sont des acteurs importants du financement de l’économie solidaire qui prend souvent le statut juridique de l’économie sociale.
L’économie solidaire de proximité a l’ambition, non pas bien sûr de remplacer l’économie de marché, mais de s’attaquer aux problèmes des plus démunis et aux besoins individuels et collectifs délaissés par le marché. A travers cette solidarité active, elle manifeste une résistance à la fatalité, et une confiance dans le progrès social et la démocratie. (D'après Le manifeste pour une économie solidaire)

Les actions

Notre solidarité, nous pouvons maintenant l'exprimer au quotidien, dans des actes que l'on fait par nécessité, comme acheter, mais aussi dans les choix et les engagements que nous pouvons prendre.

S'informer, et partager ses convictions !

Outre les medias classiques, Internet est une source inépuisable d'information sur les inégalités dans le monde et en France. Il existe des sites factuels, type Wikipedia, qui vous donnent les définitions de tous les mouvements existants, leur historique et les critiques qu'ils rencontrent. Il existe également des sites militants, comme celui de la Fondation Hulot, qui proposent des solutions et des gestes quotidiens. Développement durable le journal est également une source exceptionnelle d'information : quotidien exclusivement dédié au développement durable, il recense toutes les informations sur le sujet et propose des reportages pertinents. Autre avantage : l'abonnement à sa newsletter est gratuit !

Partagez avec vos amis ces informations, sensibilisez-les à ce qui vous touche. Le succès dépendra surtout de l'ampleur de la mobilisation ! Première étape : invitez-les à venir jouer ;-)

Donner … du temps ou de l'argent !

Les ONG et associations caritatives ont besoin de notre aide financière, mais aussi de nos compétences et de notre disponibilité.

Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, le nombre de bénévoles serait de 12 millions en 2002, soit 1 français sur 4, pour 880 000 associations et 21,6 millions d’adhérents . Les réguliers qui occupent une fonction bien définie et qui y consacrent régulièrement au moins deux heures par semaine ne seraient qu’un peu plus de 3 millions. Le bénévolat représenterait 1,307 milliard d'heures, soit 817 000 équivalents temps plein. Pour valoriser cette activité, le Passeport Bénévole a été créé par France Bénévolat en octobre 2007. C'est une passerelle entre le bénévolat associatif et la vie professionnelle.Il permet à tout bénévole de faire fructifier son engagement bénévole dans son parcours professionnel, que ce soit pour se renforcer dans son profil et sur ses compétences, ou pour évoluer. Ce carnet du bénévole peut être utilisé dans le cadre d’un entretien d’embauche, ou de manière plus formelle, dans les dispositifs de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE).

Les dons permettent également aux associations de travailler à améliorer la solidarité nationale et internationale. Votée en 1988, la loi Coluche permet aux petits donateurs (les plus nombreux) de bénéficier d'avantages fiscaux jusque-là réservés aux grands donateurs. Sa dernière version permet aux donateurs de certaines associations, caritatives et humanitaires dites « organismes d’aide aux personnes en difficulté » de bénéficier d'une réduction d'impôts de 75% pour un don allant jusqu'à 470 euros. Au delà, et dans la limite de 20% des revenus, la réduction est de 66%. Pour toutes les autres associations, la réduction d'impôt est de 66%, pour un maximum de 470 euros par an. Chaque donateur reçoit un reçu fiscal, au verso duquel figure le bilan financier agréé par un commissaire aux comptes.

Recycler, c'est aussi donner

Au travers de leurs activités de récupération, de recyclage et de vente, Emmaüs mène une action d’insertion sociale et professionnelle en employant des personnes en difficulté, exclues jusqu’alors du monde du travail.
Au-delà de ces actions d’insertion, elle consacre une partie de leurs ressources à des projets de solidarité (5% de leur chiffre d’affaires pour l’année 2002). Il s’agit par exemple d’aide aux familles, de soutien aux associations locales, de financement de projets, d’aide lors de catastrophes nationales (AZF, inondations), de préparation et du financement de conteneurs pour l’étranger, de soutien à Emmaüs International ou d’autres associations internationales.

Acheter c'est choisir.

Acheter ce n'est pas qu'une affaire de prix.
Ou alors il faut entendre dans la notion de prix, le prix à payer, pour avoir un environnement sain que l'on puisse transmettre à nos enfants avec fierté, une santé qui puisse nous permettre de vivre pleinement, un esprit libre, solidaire et sans culpabilité... Acheter c'est imposer une demande sur le marché et c'est obliger les producteurs à y répondre.
Acheter c'est une force qui peut permettre d'inverser des comportements : faire cesser le travail des enfants, stopper les mensonges sur les méfaits des compositions douteuses qui mettent en danger la vie des enfants comme des adultes, arrêter les pollutions à outrance qui mettent en péril notre climat, …
Acheter c'est se poser la question de l'avant produit et de l'après, c'est donner du crédit à une démarche qui part de la matière première jusqu'à la décomposition du déchet.
Nous sommes nombreux à réfléchir avant d'acheter…
* 93 % des consommateurs ont déjà changé ou renoncé à une marque pour des raisons d'ordre sociétal et environnemental.(3e baromètre de La Poste)
* 56 % des personnes interrogées ont déjà changé de marque au profit d'une autre bénéficiant du label commerce équitable. (3e baromètre de La Poste)
Néanmoins, les annonceurs sous-estiment cette tendance : 8 % seulement pensent qu'un produit labellisé équitable a un impact sur le choix des consommateurs. (3e baromètre de La Poste)
A nous de leur prouver notre motivation !

Agir avec le SOL

Dans cinq régions «tests» de France (Île-de-France, Bretagne, Nord-Pas-de-Calais, Rhône-Alpes, Alsace), quelques 1 200 Solistes ont depuis un an une nouvelle carte dans leur portefeuille : la carte Sol. Cette carte de fidélité solidaire leur permet de bénéficier de réductions dans des boutiques ou entreprises de l’économie sociale et solidaire, ou responsables, et renforce leur statut de «consom’acteur.» Lancé en 2007 par le groupe Chèque Déjeuner, la MAIF, la MACIF et le Crédit Coopératif, le projet Sol, soutenu par le programme européen Equal, a été créé par le collectif «Reconsidérer la richesse», inspiré des travaux du philosophe Patrick Viveret.

La carte Sol et sa monnaie complémentaire du même nom proposent trois volets d’utilisation. Le premier, le Sol Coopération, vise à soutenir les entreprises de l’économie sociale et solidaire et les entreprises responsables. À l’heure actuelle, elles sont une vingtaine à Paris et produisent des services et biens divers (vêtements, artisanat, alimentation, formation, imprimerie,…) Lorsqu’un Soliste effectue un achat dans l’une d’elle, en fonction d’un pourcentage défini par l’entreprise, il se voit offrir des Sols (1 Sol = 0,10 €) qu’il pourra utiliser lors de ses futurs achats dans l’ensemble des entreprises partenaires.

Le second volet, le Sol Engagement, concerne les échanges de temps et services entre associations et personnes. Il ne comprend pas de transaction monétaire et vise à valoriser les richesses non marchandes, comme le bénévolat, ainsi que les comportements responsables. Un administré qui ramène ses piles usagées à sa mairie (si elle est partenaire) peut par exemple se voir attribuer en échange des tickets de piscine.

Le Sol Affecté constitue le troisième et dernier volet de la carte Sol. Il s’agit d’un outil d’action sociale émis par les collectivités territoriales, les mutuelles et les comités d’entreprise vers des «publics cibles». Une collectivité locale peut à ce titre attribuer des Sols à une famille en difficulté pour qu’elle s’achète, entre autres, des paniers bio à tarif préférentiel.

Nouvel outil de l’économie sociale et solidaire et du développement durable, la carte Sol et sa monnaie ont donc pour but de mettre en avant les comportements responsables en matière d’environnement et d’entraide, et de susciter une réflexion sur la richesse. Si elle trouve portefeuille à sa monnaie, elle devrait rapidement s’étendre à l’ensemble du territoire.
Plus d'infos : www.reseau-sol.org