La biodiversité
Les enjeux

<< Lorsque l'abeille disparaîtra, il ne restera plus que quatre ans à vivre à l'homme >> cette citation attribuée à Albert Einstein évoque parfaitement le fait que le sort de l'Homme est étroitement lié au sort des êtres vivants et ainsi à la biodiversité de notre planète.

La biodiversité c'est quoi et pourquoi elle est importante ? La biodiversité reflète le nombre, la variété et la variabilité des organismes vivants. Elle englobe la diversité au sein des espèces, entre les espèces et entre les écosystèmes (forêts, mangroves, récifs coraliens, déserts, ...).

De la biodiversité dépend tout l'oxygène vital que nous consommons, tout ce que nous mangeons (cultures vivrières, bétail, poissons...), toutes les matières premières que nous utilisons (énergie fossile, minerais, bois, coton, ...). La biodiversité contribue à l'épuration et au cycle de l'eau, ainsi qu'aux grands cycles biogéochimiques et à la régulation climatique.
Patrimoine naturel vital de chaque peuple et pays, elle est fortement liée aux besoins de l'homme et à sa santé, son alimentation… et sa richesse. Elle peut être utilisée pour fabriquer des produits agro-alimentaires, pharmaceutiques, cosmétiques...
Mais la nature n'est pas qu'un décor ou un réservoir infini où l'homme peut puiser sans compter, elle est garante de nombreux bienfaits pour le bien-être humain.

La biodiversité dans son ensemble est menacée par l'activité humaine. L'équilibre des écosystèmes et des espèces qui y vivent est fragile : la fragmentation écologique (dont la fragmentation des habitats et des territoires par des routes, autoroutes, rails), l'introduction d'espèces invasives, la surexploitation industrielle de ressources (agricoles, marines, forestières) et la pollution et le réchauffement climatique induits par ces activités (dispersion de pesticides, métaux lourds) pèsent irrémédiablement sur cet équilibre.
Quand cet équilibre fragile est perturbé les dégáts écologiques et économiques sont souvent très fortement liés : Outre la disparition de centaines d'espèces due à l'introduction et l'exportation massive de la perche du Nil dans le lac Victoria en Tanzanie dans les années 1950, c'est tout le tissu social et économique de la région qui a été bouleversé : Urbanisation intense et brutale autour des usines de traitement. Densification de population : migrants ruraux abandonnant leur terre.

Nous puisons sans limites dans nos ressources terrestres et maritimes, si bien que ces 30 dernières années, la surexploitation des mers et des océans pour la pêche commerciale a dramatiquement appauvrit nos ressources au point qu'en 2006, 29% des espèces pêchées sont déjà sur le point de disparaître. La perte importante de biodiversité marine fragilise les écosystèmes marins et par voie de conséquence le climat car les mers et océans sont essentiels aux cycles biogéochimiques, dont celui de l'oxygène.

La déforestation qui avance à raison de 28 hectares de coupes par minute est une cause importante à l'atteinte de la biodiversité. Outre, le fait que les forêts nous fournissent du bois, oxygènent l'air, purifient l'eau, préviennent l'érosion et les inondations, tempèrent le climat, transforment les déchets en nutriments ou en matières premières telles que le pétrole et le gaz, elles sont l'un des réservoirs les plus important de la biodiversité végétale et animale : Les forêts tropicales naturelles qui a elles seules abritent 50% de tous les vertébrés connus, 60% des essences végétales et peut-être 90% des espèces totales de la planète. Les principaux facteurs de déforestation sont la conversion des zones forestières en terres agricoles, le surpáturage (pour soutenir notre la production de viande qu'impose nos sociétés industrialisées), la transformation radicale des modes d'exploitation et le développement d'infrastructures (routes, barrages hydro-électriques, extension des zones urbaines).

L'agriculture moderne qui soutient une uniformisation des variétés de plantes et d'animaux à haut rendement, est largement mise en cause dans le déclin de la biodiversité. Selon la FAO, aujourd'hui seulement 4 espèces (blé, riz, maïs, pomme de terre) constituent plus de 50 % des calories végétales consommées dans le monde. Au sein même des espèces, seules les variétés les plus productives sont cultivées massivement. Cette tendance menace d'extinction un grand nombre d'essences végétales et d'espèces animales.
L'agriculture industrielle avec l'utilisation intensive de pesticides est également une des grandes responsables de la pollution et de la stérilité des sols.

Toutes causes de la perte de notre biodiversité confondues, les chiffres sont alarmants :
  • 15 589 espèces sont menacées d'extinction et répertoriées en tant que tel (de « vulnérable » à « en danger critique d'extinction ») dans la liste rouge publiée par l'UICN en 2004,
  • La France, DOM-TOM compris, est au 5e rang mondial en nombre d'espèces animales menacées avec 263 espèces contre 831 aux USA, 499 en Australie, 388 en Indonésie et 274 au Brésil,
  • Une étude suggère qu'un réchauffement de 1,8 à 2°C entre 1990 et 2050 pourrait conduire à la suppression d'un quart des espèces vivantes en 2050 par rapport à aujourd'hui,
  • La surface moyenne de terre arable par habitant était de 0,32 hectare en 1961/1963 (pour une population mondiale de 3,2 milliards), de 0,21 hectare en 1997/1999 (pour une population mondiale de 6 milliards) et sera de 0,16 hectare en 2030 (pour une population mondiale estimée à 8,3 milliards),
  • Le sort de 28 % des 8600 espèces d'arbres menacées dans le monde entier est lié à la surexploitation des forêts,
  • 60% des écosystèmes sont exploités au-delà de leur capacité de régénération.

    La majorité des écologistes et biologistes estiment qu'une extinction massive est en cours. Selon l'UICN (l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature), le taux actuel d'extinctions d'espèces serait de 100 à 1000 fois plus élevé que le taux d'extinction de fond mesuré au cours des temps géologiques et dû au renouvellement normal des écosystèmes. L'état de la biodiversité est le reflet de nos relations avec les autres espèces vivantes dans l'écosystème planétaire. Sa préservation est aujourd'hui un motif de préoccupation mondiale. Au-delà des actions globales et collectives qui visent à sauvegarder la biodiversité tel, ce sont aussi nos gestes et nos choix quotidiens qui contribuent à la sauvegarde de notre planète.

    POUR ALLER PLUS LOIN :
    Consensus sur la biodiversité et le bien-être humain :www.greenfacts.org/fr/biodiversite

    REFLEXIONS :
    L'homme doit seulement découvrir qu'il est solidaire de tout le reste. Théodore Monod, dans : " Révérence à la vie ", Conversations avec Jean-Philippe de Tonnac chez Grasset - 1999
    Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors vous découvrirez que l'argent ne se mange pas. (proverbe des indiens Cree du Canada).

    Les leviers

    S'il existe un Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), ainsi qu'un réseau d’expertise et de veille international sur la biodiversité, analogue au GIEC pour le climat (IMoSEB) en cours de création, notre responsabilité de préservation de la biodiversité doit être prise à tous les niveaux : mondial, national, collectivités et société civile. Il appartient à chacun de nous de s'engager concrètement dans la protection de notre patrimoine naturel et vital que représente la biodiversité.

    En premier lieu, il s'agit de limiter de notre impact écologique et de notre participation au réchauffement climatique dans notre habitat, dans nos transports et notre alimentation.

    La richesse de notre biodiversité sera protégée grâce à une rationalisation de notre consommation domestique vis-à-vis des grands enjeux écologiques :
    - En eau : préservation de l’équilibre de la répartition de cette ressource,
    - En pétrole : limitation des émissions de CO2,
    - En bois : arrêt des déforestations intensives des forêts tropicales que ce soit pour la transformation en source d’énergie ou l’utilisation commerciale et industrielle
    - Poissons : extinction des espèces due à la surexploitation des ecosystèmes,
    - Viande : surexploitation des ressources en eau et cultures pour l’approvisionnement industriel des pays développés.
    Pour chacun de nos actes d'achat, il convient de se poser les questions sur les implications et les impacts écologiques de tel ou tel produit sur les ressources de notre planète. Nous sommes des consomm'acteurs.

    Par nos comportements alimentaires favorisons l’agroécologique qui promeut et développe une agriculture biologique intégrant les principes écologiques de préservation des écosystèmes agricoles, les sols, la variété des espèces végétales et animales.

    Préservons nos écosystèmes les plus proches : notre pays, nos villes, nos jardins, nos balcons avec notamment la maîtrise de nos déchets domestiques, le réaménagement de nos espaces naturels pour entretenir leur richesse et la réintroduction de pratiques agricoles anciennes favorisant notamment la régénération naturelle des sols, et la conservation des organismes vivants contribuant aux cycles biologiques (pollinisation, reproduction …).

    A chacun de s'interroger et comprendre les enjeux et débats de société touchant à l’écologie en générale ou la biodiversité en particulier : OGM, biocarburants, énergie nucléaire, car les solutions ne sont pas écrites d’avance et chacun peut faire entendre sa voix et contribuer à l’avenir. En s'investissant dans une association de protection de la nature par exemple. Pour favoriser cela l'état français à mis en place une réduction d’impôt égale à 66% du versement total effectué (dans la limite de 20% du revenu imposable), à tout citoyen qui cotise ou fait un don à une association reconnue d’utilité publique ou d’intérêt général.

    Les actions

    Prendre conscience de l'urgence écologique, de la fragilité de notre patrimoine vital et du rôle de l'Homme dans la destruction de la biodiversité, c'est le point de départ de la contribution de chacun à la préservation de la Nature.

    A l'évidence, nous devons avant tout nous informer pour mieux comprendre les mécanismes, les enjeux et ainsi adapter nos comportements et défendre autour de nous l'idée de Développement Durable et de biodiversité. Internet est une formidable source d'informations et un moyen simple pour y accéder. De nombreuses associations de protection de l'Environnement (Les Amis de la Terre, WWF, Greanpeace) restituent par le biais d'Internet le plus efficacement et le plus simplement possible leurs analyses, leurs travaux.

    A nous d'agir ! Et il n'y a pas de petits gestes. Dans notre quotidien, respectons l'eau, l'air, le sol et participons ainsi à la préservation de la biodiversité. Conserver la biodiversité c'est d'abord consommer mieux et moins...

    Dans ma cuisine et ma maison :
    • Je choisi des produits issus de l’agriculture durable ou de l’agriculture biologique pour contribuer à un environnement plus sain,
    • Je privilégie les produits locaux et les filières courtes pour réduire les coûts de transport et d’énergie et leurs impacts négatifs sur les milieux,
    • Je mange des produits de saison, c’est une question de goût, d’économie d’énergie (car s’ils n’en sont pas, ils sont produits à l’autre bout de la Terre, où les saisons sont inversées, et c’est à nouveau du CO2 économisé) et de valorisation des cycles naturels,
    • J’évite de consommer les espèces surexploitées : elles ont besoin de récupérer (consulter la listes de espèces menacées),
    • Je réduis ma consommation de viande, j'essaie de m'en passer pour le repas du soir, par exemple,
    • Pour mon mobilier en bois, je privilégie un bois dont je connais l'origine et dont l'exploitation est régie pas la PEFC ou la FSC,

    Dans mon jardin et la nature:
    • Je n'utilise pas de traitements chimiques (les jardiniers amateurs seraient responsables pour 1/4 de la pollution des eaux de surface et des nappes souterraines),
    • Je plante des espèces régionales adaptées, qui favoriserons la reconstitution de l'écosystème
    • Je respecte les espaces naturels et les animaux qui y vivent,

    En voyage:
    • Je pratique l'écotourisme: Je respecte les zones protégées, je choisi au mieux mon mode de déplacement, je privilégie l'économie locale et je sélectionne mes souvenirs (les éléphants d’Afrique, à cause du commerce de l’ivoire pourtant totalement interdit depuis 1989, sont passés de 2,5 millions au début des années 70, à 400 000 aujourd’hui).

    POUR ALLER PLUS LOIN :
    Le site www.planete-nature.org
    L'altas de l'écotourisme par Courrier International : www.lekiosque.fr/Ulysse-numero-123
    Choisir votre bois de construction: le Greenpeace: www.greenpeace.fr/ecobois
    Choisir vos produits de la mer : le guide WWF www.pourunepechedurable.fr
    Choisir vos produits sans OGM: le guide des produits sans OGM http://www.greenpeace.org/france/detectivesOGM...

    LE SAVIEZ-VOUS ?

    Il existait plus de 7 000 variétés de tomates en 1900.
    Aujourd’hui, l’Union Européenne en dénombre environ 150 dont 70 variétés sont commercialisées mais 2 ou 3 seulement se retrouvent sur nos étales.
    Le geste : Favorisez l’agriculture traditionnelle et locale, en achetant vos légumes auprès d’une AMAP ou d’un producteur local.

    La consommation de viande a été multipliée par 3 au cours du siècle dernier.
    Au niveau mondial, le secteur de l’élevage croît plus vite que tout autre secteur agricole. La production de 1 kg de viande de bœuf, nécessite 20 kg de céréales, qui sont tout à fait consommables directement par l’homme et 25 000 litres d'eau.
    Le geste : Diminuez votre consommation de viande, l’apport en protéines peut tout à fait être compensé par la consommation de céréales.