Climat / Energie
Les enjeux

Nul besoin de faire de la terre un paradis : elle en est un.
A nous de nous adapter pour l’habiter.


Henry Miller


Le constat, les chiffres

En 150 ans, nous avons brûlé la moitié des réserves naturelles en pétrole qui ont mis des millions d’années à se former. En les brûlant, nous émettons trop de CO2. Ce gaz à effet de serre a pour conséquence de réchauffer l’atmosphère comme un feu de cheminée réchauffe une pièce.

Depuis 1960, la banquise a fondu de 40%. Pour enrayer ce réchauffement, la loi d’orientation sur l’énergie a fixé comme objectif de diviser par 4 les émissions de 1990 à 2050, soit une réduction de 2,3 % en moyenne par an : entre 1990 et 2005, ces émissions n’ont globalement diminué que de 2 %. On ne serait pas un petit peu en retard ?

Enfin, si la part des énergies renouvelables dans la production d'énergie est en croissance, la demande nationale en énergie croît plus vite que la production d’énergie d’origine renouvelable...

Il est donc urgent d'agir, d'autant que le réchauffement climatique génère des conséquences sanitaires préoccupantes : selon l'Unicef, chaque année, plus de 3 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent en raison de maladies liées à l'environnement, notamment des infections respiratoires et des crises de paludisme. D'une manière générale, 23% des décès prématurés sont dus au réchauffement climatique.


Les principales sources d'émission de GES (Gaz à Effet de Serre)

  1. En hausse de 22 % depuis 1990, les transports sont responsables de 26,5 % des émissions de gaz à effet de serre en 2005. Les avions représentent représentent déjà 4 % des émissions mondiales de CO2. Quelque soit le mode de transport (routier, aérien, maritime,..) l'énergie est jusqu'à présent issus des produits pétroliers. La route est désormais engorgés de camions, de véhicules personnels souvent multipliés par 2 au sein d'une même famille, pour des trajets qui sont dûs en partie à des logiques d'habitats éloignés des lieux d'activité. La mer a connu elle aussi une explosion du trafic. Un rapport européen, datant de 2003, indiquait que 97 % du total des émissions de dioxyde de soufre et d'azote de la mer du nord était dû aux transports maritimes effectués à proximité des cotes. Et nous l'avons compris à nos dépens avec la catastrophe de l'Erika, les bateaux utilisent des fiouls vraiment sales qui sont 2 fois plus polluants. A priori, 3 zones sur le globe seraient particulièrement touchées par la pollution du trafic maritime : le golfe du Mexique, la Méditerranée et la Mer de Chine.
  2. Les émissions dues au résidentiel-tertiaire ont augmenté de 15 % sur cette période.
  3. Ces hausses ont été compensées par la baisse des émissions industrielles et agricoles.
En 2005 la consommation énergétique des Européens était propre à 8,5%. On entend par "propre" les énergies éoliennes, géothermiques, solaires, biomasses,...
La commission a voté en mars 2007 un accord pour mener cette consommation énergétique propre à 20 % du total d'ici 2020. Ce qui veut dire qu'ensemble, les États membres devront donc progresser de 11,5%.

D’un point de vue individuel, 35% de vos émissions concernent votre moyen de transport et 25% votre habitation...


Le saviez vous ?

Les ressources d’énergies fossiles s’épuisent. De plus leur consommation génère des gaz à effet de serre impactant un réchauffement climatique aux conséquences environnementales et sanitaires préoccupantes. Les énergies renouvelables ne sont qu’une réponse partielle à ces préoccupations. Mais chacun peut, à son niveau, agir. Une autre consommation est possible…
  • Depuis 1850, la consommation d’énergie de l’humanité a été multipliée par 150 !
  • 1 litre de pétrole fournit autant d’énergie que le travail de 20 personnes pendant 1 heure !
  • En voiture, une conduite « nerveuse » entraine jusqu’à 40% de consommation de carburant en plus.
  • Des étudiants canadiens ont réussi à parcourir plus de 10.000 Km à bord d’une voiture solaire sans une seule goutte de carburant !
  • A vélo, nous sommes 2 à 3 fois moins exposés à la pollution qu’en voiture dans un embouteillage.
  • Un kiwi de Nouvelle-Zélande parcourt plus de 15.000Kms avant de se retrouver dans notre assiette.
  • Les scientifiques estiment qu’il faudrait l’énergie de 1.000 centrales nucléaires pour pouvoir téléporter une personne
Donc...A vous de jouer !

Les leviers

Les leviers les plus efficaces pour agir contre le réchauffement climatique et préserver nos capacités énergétiques consistent à changer progressivement ses pratiques en adoptant une autre façon de consommer.

Un moyen mnémotechnique simple pour agir : la règles des 3 R : Réduire, Réemployer et Recycler.
  • Réduire notre consommation de sources d'énergies fossiles, génératrices de gaz à effet de serre, en privilégiant les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, biomasse,...), ou leur source en choisissant un fournisseur alternatif d'électricité "verte" (d'origine renouvelable) qui sera soit moins cher que l'opérateur historique, soit incitera à réduire sa consommation (dans les deux cas, la planète et nous y gagnons…).
  • Privilégier les appareils ménagers et transports à faible consommation énergétique.
  • Eviter le gaspillage, car la fabrication de tous les produits que nous achetons consomme de l’énergie et des ressources.
  • De multiples composants sont nécessaires pour créer le produit mais aussi son emballage (matières plastiques avec des cires et des réserves d'huiles restreintes, carton avec l'abattage des arbres, aluminium qui provient de mines de bauxite et qu'il faudra acheminer au préalable, polluant au passage, ...). Il faut donc privilégier les produits avec un minimum d'emballage.
  • Opter pour des grands flaconnages familiaux plutôt que des petites bouteilles individuelles qui sont à l'origine d'un vrai gaspillage de ressources et d'énergie pour leur fabrication mais aussi leur recyclage.
  • Si possible, préférer les produits fabriqués ou cultivés localement (ils n'auront déjà pas pollué au passage dans les multiples transports).
  • Consommer des produits biologiques et de saison; ils sont cultivés sans l’apport de pesticides et ne contiennent pas de contaminants chimiques : la production de ce que l'on appelle les "intrants" est génératrice de CO2 et de consommation d'énergie !
  • Choisir des produits réutilisables, recyclables ou reconditionnés, pour donner une deuxième vie aux emballages (et limiter tout achat de produits jetables : assiettes en papier en verre en polystyrène). Aujourd'hui en Europe, 95% des produits manufacturés ne sont plus utilisés 6 mois après leur mise sur le marché. D'où l'intérêt de privilégier des produits qui ont une fin de vie cohérente (ré-emploi, recyclage) !
  • Utiliser les services de dons et d'échange, comme les groupes Freecycle, qui mettent en relation des personnes qui souhaitent se débarrasser d'objets qui les encombrent avec des personnes qui en ont besoin.

Les actions

En matière d'actions concrètes au quotidien, on peut se concentrer sur la répartition transport / habitat, qui est la plus importante en matière d'effets.

Concernant les transports, vous avez plusieurs alternatives :
  • Privilégier la marche, le vélo, les transports en commun et pour les longs voyages, le train.
  • Si vous ne pouvez pas vous passer de votre voiture, privilégiez les véhicules les moins polluants (hydride…) ou les services de co-voiturage
A la maison, les usages "captifs" de l’électricité (éclairage, appareils électroménagers, …) constituent le premier poste de consommation d’électricité (46%), devançant le chauffage (32%), l’eau chaude sanitaire (15%) et la cuisson (7%).
Trois usages domestiques captifs recouvrent à eux seuls, sensiblement à parts équivalentes, plus de 70% des besoins spécifiques : l’éclairage, le froid et le lavage. Choisissez des équipements peu énergivores, en particulier pensez à consulter l'étiquette énergie qui indique l'efficacité énergétique des appareils ménagers et privilégiez ceux de classe A. Et surtout, débranchez-les en votre absence, la consommation d'énergie engendrée par les veilles n'étant pas négligeable. Une bonne isolation de la maison est également importante pour réduire la consommation d'énergie pour le chauffage.

Une famille de 4 personnes dépenserait 2740 euros par an en électricité ou 390 euros pour un couple économe.
Quelques exemples : vos ampoules classiques vous coûtent en consommation électrique 173 euros par an, votre sèche linge 100 euros, votre écran plat 59 euros, votre ballon électrique pour l'eau chaude 555 euros....

Vous ne pensiez pas en être là ?

Alors voici une sélection de 10 conseils pratiques essentiels pour réduire la facture :
  1. Ne plus utiliser de résistances électriques (convecteurs,…) fortement consommatrices d'énergie. Le chauffage électrique est par ailleurs un mode de chauffage qui coûte cher et qui est peu confortable.
  2. Pas de climatiseur, mais renforcer l'isolation afin de garder la fraîcheur de la maison l'été (et la chaleur l'hiver bien sûr).
  3. Pas de ballon électrique pour chauffer l'eau chaude, mais plutôt une pompe à chaleur ou un chauffe-eau solaire.
  4. Ne surchauffer pas votre habitat, 19°C pour les pièces à vivre et 16°C pour les chambres sont bien suffisants (une diminution de 1°C permet 7% d'économies).
  5. Remplacer toutes les ampoules traditionnelles à incandescence très énergivores (ampoules à incandescence classiques et halogènes) par des ampoules basse consommation comme les ampoules fluocompactes (consommant en moyenne 5 fois moins d'énergie et dont la durée de vie est de 6 à 12 fois supérieure à celle d'une ampoule à incandescence classique) ou les diodes électroluminescentes (LEDs, composants électroniques à durée de vie pouvant être jusqu'à 50 à 100 fois supérieure à une ampoule classique).
  6. Pas de cuisine à l’électricité : remplacer les plaques vitrocéramiques et le four, par des appareils à gaz, éventuellement alimentés par une bouteille de butane/propane si le raccordement gaz de ville est couteux.
  7. Pas de sèche-linge électrique, de tous les appareils ménagers c'est l'un des plus gros consommateur d'énergie (en moyenne 500 kWh/an), il n'existe d'ailleurs pas de sèche-linge de classe A pour le moment en France. Un séchage naturel sur étendoir est bien plus économe et écologique…
  8. Pas de réfrigérateur américain, ces appareils peuvent consommer jusqu'à 3 fois plus d'énergie que les réfrigérateurs classiques.
  9. Privilégier l'ordinateur portable qui consomme 10 fois moins qu’un ordinateur de bureau.
  10. Choisir du petit électroportatif : petit sèche-cheveux, petit aspirateur,...
Et là, vous avez un espoir de voir votre facture maigrir sérieusement pour avoisiner les 492 euros au lieu des 2740 euros par an...